Des retraités découvrent que leur pension arrive en retard, est trop faible ou qu’on leur réclame des trop‑perçus, parfois pendant des mois. Ces erreurs laissent des personnes âgées sans ressources stables et inquiètent les familles.
Les contrôles sont parfois inégaux selon les statuts, les fraudes persistent et la surveillance sur place recule, rendant la situation plus fragile au moment où les besoins de santé et de retraite augmentent.
Une pension sur neuf payée avec des erreurs et un coût croissant
La Cour des comptes certifie chaque année les comptes de la Sécurité sociale et signale des dysfonctionnements récurrents. Pour 2025, la branche vieillesse a vu ses dépenses augmenter de 6,4 milliards d’euros pour atteindre 167,3 milliards d’euros. Cette progression s’explique par la hausse du nombre de retraités, la revalorisation des pensions et l’arrivée à la retraite de générations aux carrières plus complètes.
En 2026, les magistrats constatent une aggravation des erreurs de liquidation et estiment qu’une pension nouvellement attribuée sur neuf comporte une anomalie contre environ une sur dix en 2024. L’impact financier cumulé de ces erreurs sur la durée des versements est évalué à 1,1 milliard d’euros, contre 900 millions l’année précédente. Ces anomalies entraînent des sous‑paiements et des trop‑perçus qui peuvent se prolonger et peser durablement sur les assurés.
Quelles failles expliquent ces erreurs et ces fraudes ?
La campagne 2025 relève des irrégularités chez 1,6 % des retraités, préjudice total de 337 millions d’euros dont environ 76 millions de fraudes avérées. Depuis 2021, les fraudes progressent malgré des contrôles renforcés. Près de 1,1 million de retraités hors de France percevaient 3,9 milliards de pensions fin 2025, ce qui accroît le risque de maintiens après décès malgré les échanges automatisés.
La branche maladie affiche 3,4 milliards d’erreurs de remboursements en 2025 contre 3,3 milliards en 2024, principalement pour anomalies de facturation et défauts de contrôle. La fraude liée aux accidents du travail et aux maladies professionnelles vaut 1,8 à 2,4 milliards.
Les Urssaf signalent 3,3 milliards d’erreurs déclaratives et la fraude patronale privée 5,3 milliards via travail dissimulé, sous‑déclarations, montages d’optimisation et recours irrégulier à certains statuts, tandis que la généralisation de la déclaration mensuelle depuis mars 2025 a permis à la CNAF d’éviter ou récupérer environ 1,1 milliard d’euros.
Contrôles en recul, enjeu budgétaire et de confiance !
Le vieillissement de la population, la hausse continue des dépenses de santé et l’alourdissement de la dette publique mettent le financement social sous forte tension.
Dans ce contexte, la fréquence des contrôles sur place a diminué de 9 % en 2025 et de près de 46 % depuis 2019, ce qui alimente la progression des paiements indus irrécupérables.
Les contrôles effectués sur le terrain demeurent cependant les plus efficaces pour identifier les erreurs complexes et les fraudes ciblées.
Les outils numériques et le croisement automatisé des données améliorent les détections mais ne compensent pas entièrement la perte de présence humaine. Maîtriser erreurs et fraudes est donc à la fois un impératif pour réduire le trou financier et un enjeu de confiance publique envers la protection sociale.

