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Quand un patron refuse le télétravail, une étude montre pourquoi son attitude interroge

Quand un patron refuse le télétravail, une étude montre pourquoi son attitude interroge

L’été invite au télétravail, pourtant certaines entreprises réduisent encore les journées à distance. Le travail à distance a explosé pendant le Covid 2020 et, six ans plus tard, il subsiste mais reste souvent restreint par les employeurs.

Une étude relayée par le New York Times, basée sur six ans et des milliers d’entretiens avec des cadres, analyse les raisons des refus. Les réponses sont surprenantes et interrogent le pouvoir et l’autorité au bureau.

Le télétravail s’est imposé, mais recule chez certains

Le télétravail s’est développé très rapidement pendant la période Covid en 2020, s’imposant en peu de semaines comme un mode de travail adopté largement au sein d’équipes jusque-là peu habituées à la distance et a modifié durablement des habitudes professionnelles.

Six ans plus tard, il subsiste dans les entreprises, présent dans des structures de toutes tailles et intégré comme une composante durable des pratiques professionnelles, figurant parfois dans des chartes ou accords internes.

L’été est propice au télétravail, la période estivale favorisant souvent la programmation de journées travaillées à distance pour une partie des équipes, et concentrant parfois ces jours à distance sur des périodes définies de la saison.

Mais certaines entreprises réduisent encore les journées en travail à distance et limitent désormais le nombre de jours accordés aux salariés, en revoyant à la baisse les quotas de jours télétravaillés accordés.

Pourquoi des patrons refusent-ils le télétravail ?

L’étude relayée par le New York Times prend la forme d’une recherche académique longitudinale. Elle s’est déroulée sur six années consécutives.

Les chercheurs ont conduit des milliers d’entretiens semi-structurés avec des cadres appartenant à des niveaux hiérarchiques variés. Les auteurs ont privilégié une approche qualitative visant à recueillir des récits détaillés sur les décisions managériales.

Le corpus comprend des témoignages recueillis auprès de dirigeants, de managers intermédiaires et de responsables opérationnels.

L’enquête a porté sur des établissements et organisations de secteurs variés et de tailles différentes. La démarche visait à analyser les motifs invoqués par les employeurs pour refuser l’octroi de périodes de travail à distance. Les données qualitatives ont ensuite été rassemblées afin d’identifier des tendances dans les explications fournies par les décideurs.

L’ego des dirigeants l’emporte !

L’étude conclut que le refus du télétravail s’explique principalement par l’ego des dirigeants. Le trait narcissique apparaît comme le seul prédicteur systématique des objections, caractérisé par un égocentrisme prononcé et un fort sentiment de supériorité.

Cette association se maintient au-delà des différences de secteur et de niveau hiérarchique, ce qui rend caducs d’autres motifs invoqués pour justifier le rejet du travail à distance.

Les dirigeants narcissiques perçoivent le télétravail comme une menace directe à leur autorité et à l’admiration dont ils bénéficient.

Imposer le retour au bureau à plein temps devient une manœuvre de pouvoir et de statut visant à concentrer respect et adulation dans l’espace physique du bureau, plus qu’une décision fondée sur des critères organisationnels. Les auteurs interprètent cette dynamique comme un enjeu psychologique central des politiques de présence.

Antoine Laurent